Willemeau

La présence d’une villa romaine, détruite au cours des grandes invasions des IIIe et IVe siècles et fouillée en 1985, atteste de l’ancienneté du village. Selon certains érudits, le propriétaire de cette villa aurait été un certain gallo-romain du nom de Willemus qui aurait laissé son nom à l’endroit (hypothèse peu probable). La première dénomination écrite du site, qui est présenté alors comme un grand marécage, date de 899. Durant le Moyen Age, plusieurs grands seigneurs de la région ont leur histoire liée au village. L’Evêque de Tournai confie officiellement en 1103 l ‘autel de la paroisse Saint-Géry à l’Abbé de Saint-Amand, seigneur de Willemeau depuis 925 ; ce qui sera confirmé par les papes Pascal II et Calixte II, respectivement en 1107 et 1119. Les familles d’Haudion et de La Motte Baraffe , unies plusieurs fois par des mariages, possédaient également de nombreux biens à Willemeau
Pour découvrir son histoire, nous vous proposons une balade dans le village :
circuitdepromenade

1. La place de Willemeau et son église
Sur cette place se situe l’église Saint-Géry. C’est une construction néo-romane, élevée de 1859 à 1863 suivant la volonté testamentaire du curé Lenoir et d’après les plans du célèbre architecte Bruyenne, sous la direction de Monseigneur Voisin, dont la plaque funéraire est toujours visible sur un mur extérieur. Le clocher est dit-on une représentation symbolique des cinq tours de la cathédrale de Tournai. C’est ici, debout sur un socle de pierre, que le crieur public faisait ses annonces le dimanche après les offices.

place de Willemeau

Principales curiosités à l’intérieur : Une magnifique statue, à l’origine polychrome, représentant saint Géry (13ème s.), patron de la paroisse, un ostensoir (17ème et 18ème s.), nombreuses inscriptions funéraires (15ème -18ème s.) dissimulées aujourd’hui sous le tapis qui garnit l’édifice, tabernacle du 17ème s., Vierge polychrome en chêne, datée du 17ème s., deux bas-reliefs retraçant la vie de saint Géry et les dons de la famille d’Haudion à la paroisse. Les vitraux (dont trois superbes garnissant le chœur) ont été détruits Un mémorial dédié aux victimes des Deux Guerres est installé sur cette place plantée jadis de l’arbre du Centenaire (1930)
2. La chapelle du Calvaire (non datée) :Autrefois entourée d’arbres, cette chapelle doit son nom à la scène qu’elle représente (mobilier présenté par un auteur comme étant de la fin du 17ème s). De petites messes de plein air ont parfois eu lieu à cet endroit (le 15 août). La tradition a été relancée en août 2000. L’ancienne maison communale, qui avait également servi d’école, est visible d’ici, dans la rue Saint-Anne.
La place de Willemeau probablement au milieu des années 30. A remarquer, au centre, une maison qui fut rasée après le Seconde Guerre mondiale.

3. La Cense des Lamotte-Baraffe :
Il s’agit d’un ancien château-ferme du nom de la famille à qui il a appartenu probablement suite au mariage de François avec Yolande de Saint-Genois, dame d’Haudion, dont le premier ancêtre , maître du lieu, est cité en 1400. Le donjon remonte vraisemblablement au 14ème s. Le logis rectangulaire date de 1638, comme l’indique une pierre insérée dans sa tour. Le reste du bâtiment a été élevé au 19ème s. et modifié régulièrement.
4.Panorama de Willemeau :
Nous nous situons à proximité du cimetière communal, installé ici en 1891. On distingue clairement les 7 hameaux du village (d’est en ouest) : Sur le versant opposé, « Mont au Gris », « Préau » et « Printemps ».

cense des lamotte baraffe
Dans la vallée, « Haudion », « Marnière » et « Village ». De ce côté, « Gare et Chaussée de Douai à Tournai « , ainsi que « Pic au Vent ». Un moulin à vent se situait en ce lieu d’après des plans du 19 ème siècle.
5. La Ferme du Marais :
C’est une grande ferme du 18ème s. Présence d’un porche classé en moellons du 16ème s. Son nom est dû à l’aspect marécageux de l’endroit. Ces « marais » jouèrent un rôle important en 1214, lorsqu’ils ralentirent les ennemis du roi de France, Philippe-Auguste, permettant ainsi aux troupes de celui-ci (néanmoins moins nombreuses) de préparer et de remporter la célèbre bataille qui se déroula près de Bouvines.
6. Emplacement d’une villa romaine :
En août 1985, des travaux de terrassement réalisés pour la construction d’un hangar de la ferme Masschelein-Delneste devaient permettre la mise à jour des restes d’une importante villa romaine du deuxième siècle de notre ère.
villa romaine
Cette découverte n’était pas la première puisqu’en 1860 et 1955 d’autres trouvailles antiques avaient été réalisées à Willemeau, dont le centre du village correspond à la place d’un site romain.
Les archéologues ont trouvé de nombreux fragments de poteries, un hypocauste, une espèce de petit aqueduc et des bains ainsi que des sépultures, datées du VIIème s. environ et installées là après les invasions.
Un moulin à eau fonctionna près d’ici jusque probablement au milieu du XIXe siècle

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7. Le Mont au Gris :
C’est un des points culminants de la vallée; ce qui a sans aucun doute influencé sa dénomination.
A cet endroit, selon certains, vivait une communauté religieuse dont le vêtement caractéristique était un « MANTEAU GRIS ». Selon d’autres, des oiseaux, aux plumes rendues grisâtres par la poussière et par le vent, se rassemblaient là. Ils avaient le « MANTEAU GRIS ».
Quelquefois, on entend parler du Mont aux grillons. Avec le temps, ce lieu-dit est devenu le « MONT AU GRIS », terme retrouvé dans un acte de vente de 1808.
8. Les Trois Arbres :
Il s’agit vraisemblablement d’un carrefour datant du Moyen Age, et peut-être même de l’époque romaine. C’est dans ce lieu, planté de trois tilleuls, qu’une jeune femme avait fait installer une petite chapelle à la teinte bleuâtre (on dit dans le village « el kapelle bleusse ») pour remercier le ciel d’avoir pu échapper à son agresseur.
9. La Maladrie :
Ici se trouvait vraisemblablement une maladr(er)ie, un petit hôpital qui accueillait des lépreux au Moyen Age.On y trouve aussi une chapelle, qui a été déplacée dans le courant de ce siècle.
A l’intérieur, une plaque de marbre rappelle qu’une première construction avait été élevée à l’initiative d’un échevin de la commune, monsieur Houzé, en 1868.
Dans quelques instants, vous passerez devant les locaux du CHVRB asbl, l’ancienne école des filles, devenue poste par la suite, bureau de vote en son temps.

vieille loco

A l’époque de la ligne ferroviaire 88A, où les trains empruntaient les voies du pont à proximité du lieudit « Pont Royal » « Tant vaut le village, Tant vaut le pays. » (Concours entre villages 1952)
Inscription visible sur la façade de l’ancienne maison communale de Willemeau.

Bruno De Cock – janvier 2006
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