Froidmont

 
Un peu moins de 500 hectares, un millier d’habitants, Froidmont, situé sur l’axe Tournai-Douai, est distant de 6 km du centre historique de la cité des premiers rois mérovingiens. Les faits nous apprennent qu’entre 950 et 952 de notre ère, Liétarde, mère de Leudric, prévôt de l’abbaye de Saint-Amand, donna la villa (domaine rural) de Froidmont à ce monastère…

froidmont photo couleur
Ainsi débute l’histoire d’une localité rattachée à Tournai il y a trente ans, lui apportant du même coup une situation financière saine et une touche bucolique. Car Froidmont ne manque ni de charme ni de curiosités.
Quand on quitte la chaussée de Douai, à hauteur du Pic-au-vent, pour emprunter la longue rue des Déportés de Froidmont, on aperçoit, à gauche, la croix de pierre baptisée croix Notre Dame. Il s’agit d’un calvaire en grès de 1631 composé d’une colonne toscane. Un document relatant la joyeuse entrée de l’évêque Jean de Toisy (1410-1433) laisse entrevoir l’existence d’une croix à cet endroit ou à proximité immédiate, bien avant l’érection du calvaire, puisqu’on lit, en vieux français :« L’an de grâce mil quatre cent et treize, le lundi 6 ème jour du mois de novembre, monsieur Jean de Toisy, par la grâce de Dieu, evesque de Tournay, fist sa première entrée en la ville de Tournay, et y fu amené par très nobles et excellens prinches Jehan, duc de Bourgogne, comte de Flandre, d’Artois et de Bourgogne, et Anthonne, son frère, duc de Braibant, quiledit monsieur l’evesque estoient allés querre (chercher) à Maire, et de là s’en vinrent par deseure tout, au travers, accompagnié de monsieur de Charolais et aultres seigneurs, jusques à la croix Nostre-Dame lès-Froitmont…»

froidmont première photo NB
Juste avant l’église (entourée jadis par le cimetière), lourde construction en briques bâtie en 1854 par l’architecte L. Dethuin en remplacement d’un sanctuaire de la fin du 17 ème siècle, se dresse la belle ferme de la Courte , ancienne dépendance de l’abbaye de Saint-Amand. Le plus ancien exploitant connu est Jacques-Robert Pétillon, venu d’Hertain, qui se maria à Froidmont en 1717.
Jusqu’à la fin des années soixante s’élevait, en lieu et place de la cité Marie -Thérèse, en bordure de la place communale, une construction d’une superficie de près de deux hectares qui fut, dès sa création en 1676, une maison pour aliénés mentaux et débauchés sous la direction de la congrégation des frères de la charité de Saint Charles Borromée. L’établissement qui ferma ses portes au lendemain de la deuxième guerre mondiale, accueillit jusqu’à trois cents pensionnaires en même temps. La tombe commune à plusieurs dizaines de ces frères dévoués, se trouve le long du mur d’enceinte au fond du cimetière. Quelques croix marquant la dernière demeure de malades mentaux, enterrés dans la partie gauche de ce cimetière, sont encore visibles.
A l’angle de la rue des Combattants de Froidmont et de la rue du Curé, l’ancienne cure dresse son imposante masse. Le dernier occupant des lieux fut l’abbé Léon Hergo. Laissé à l’abandon pendant près de trois décennies, le bâtiment est maintenant propriété privée. Plus bas, la rue de la Source (anciennement rue Albert 1 er) doit son nom à la généreuse source dont le débit est constant même en période de sécheresse. La fontaine, comme l’appellent les Froidmontois, est surmontée de la chapelle Saint Piat, patron de la paroisse.

froidmont phot du chateau
Plus haut vers la chaussée de Douai, le château néo-classique élevé vers 1850, agrémenté d’un bel étang et d’un vaste parc boisé, dresse sa belle silhouette à la croisée de deux longues drèves. « Squatté » par un état-major allemand pendant la première guerre mondiale, il fut détruit au moment de la retraite des occupants. Laissées à l’abandon, les ruines devinrent le terrain de jeu favori mais dangereux des jeunes du village. Le château fut reconstruit il y a une cinquantaine d’années mais l’étage n’a pas été refait et la toiture a été remplacée par une plate-forme.

Le château Duphénieux
La ferme de Vézon
Un peu plus loin, sur la droite, se dresse la ferme de Vézon, ensemble clôturé en briques chaulées, intéressant par la date de 1810 en briques saillantes au mur – pignon de l’annexe perpendiculaire au logis, côté rue. A l’origine, ce bâtiment était une léproserie.
Outre le charme de ses rues, la localité, traversée de part en part par un rieu de Barges au débit parfois ravageur, offre des possibilités de belles promenades. La drève du château, la berge du rieu de Barges, la rue de Mortagne, les routes asphaltées ou bétonnées nées des opérations de remembrement, sont autant d’endroits qui invitent à la flânerie comme à la marche sportive.

froidmont vue du rieu de barges
Armand Liétar – 20 janvier 2006.