Ere

L’ancienne commune d’Ere occupe une superficie de 670 hectares. Son altitude est de 43 m. au seuil de l’église ; elle culmine à 75 m. au bois d’Ere. Le point le plus bas se trouve à Barges (25 m.).
La commune est traversée dans le sens sud-ouest – nord-est par le rieu de Barges. Ruisseau qui, parfois, cause bien des soucis à ses riverains, comme ce fut encore le cas lors des importantes inondations de l’été 2005.
Outre l’agglomération centrale, on relève les hameaux de Barges, Wisempierre (à proximité de Saint-Maur), Longuesault, Beauregard, Vert Galant, le quartier du Bourgage, ainsi que celui du Chemin de Maire. Le village compte 730 habitants en 1976 (avant les fusions).

« Les armoiries de la Maison d’Ere, identiques à celles de la terre dont elle portait le nom, sont d’or à trois pals de sable, à la fasce d’hermine brochant sur le tout ».
Plusieurs hypothèses s’affrontent quant à l’étymologie du nom. Pour certains, celui-ci proviendrait de l’italo-celtique ARA, eau courante. A noter aussi que ce terme ARA, en latin, signifie AUTEL.
La proximité de Tournai et de chaussées romaines, ainsi que la présence attestée de plusieurs villas gallo-romaines dans les environs, permettent de supposer qu’Ere était déjà habité il y a près de deux mille ans.
La première mention écrite connue, Era, date de 1103 dans une charte de l’Abbaye Saint-Martin de Tournai. Au cours des 12e et 13e siècles, et peut-être même déjà avant, le village avait des seigneurs qui portaient son nom. Ils avaient le titre de « chevalier ».
Par alliance ou par achat, diverses familles seigneuriales succèdent ensuite aux « d’Ere » jusque la fin du 18 ème siècle. Les derniers seigneurs du village seront les « de Thiennes », comtes de Rumbeke et barons d’Ere. Ere était siège d’une baronnie depuis 1630.
Au cours des siècles, des troupes armées causent de nombreuses destructions ; par exemples les fermes de Longuesault et de Wisempierre en 1304 et 1340, le Château en 1477, l’église en 1566, l’église et de nombreuses habitations en 1918, le bois d’Ere en 1944.
Voyons maintenant les principales curiosités du village.

L’église.
L’église d’Ere, classée depuis 1943, est un sanctuaire en moellons, de style roman, dont les parties les plus anciennes remontent au 11e siècle.
Selon la légende (en est-ce une ?), l’église serait édifiée à l’emplacement d’un temple d’époque gallo-romaine dédié à Minerve, déesse de la Sagesse et des Arts. Confortant cette affirmation, on notera le réemploi de briques et tuiles romaines pour le contour d’une ancienne porte obturée dans le mur extérieur du chœur, au sud-est de l’édifice.

église ere ancienne
A l’opposé, dans le mur nord-ouest, on remarque la présence de deux grandes arcades de pierres. Elles attestent de la présence d’une ancienne annexe, en fait une chapelle dédiée à Notre-Dame de Foy ; laquelle, vétuste, a été démolie en 1673.
Un siècle plus tôt, en 1566, l’église avait dû subir la fureur des iconoclastes dévastant la région.
A la fin du 19e siècle, l’église d’Ere s’avère trop petite pour la population croissante du village.

On décide de l’agrandir. Une nouvelle nef, plus large et plus longue, et un nouveau clocher sont construits sous la direction de l’architecte Constant Sonneville. Les travaux sont achevés en 1905.
Seuls le chœur et la sacristie actuels sont donc du 11 ème siècle. Toutefois, les nouvelles parties du bâtiment s’harmonisent fort bien avec les anciennes, formant un triple emboîtement de toitures caractéristique.
Fin octobre et début novembre 1918, Ere se trouve sur la ligne de front : les Allemands sont encore dans les faubourgs de Tournai et à Barges alors que le centre du village est occupé par les Anglais. L’église est gravement endommagée par les bombardements qui s’ensuivent. La restauration est dirigée, en 1921, par l’architecte Paul Clerbaux. Des vitraux sont alors offerts par les paroissiens.
A l’intérieur de l’édifice, on retiendra principalement :
• un fragment de cuve baptismale romane en pierre de Tournai (11e siècle) avec des animaux fantastiques ;
• à la sacristie, deux grandes lames funéraires des seigneurs d’Ere en pierre de Tournai, l’une gothique, l’autre Renaissance (1575) ;
• un confessionnal Renaissance / Louis XIII (17e siècle) ;
• plusieurs peintures des 17e et 18e siècles.

Le Château et la ferme du Château
Le château des seigneurs d’Ere s’élevait autrefois dans la prairie à l’ouest de la ferme castrale. C’est une charte de 1238 de l’Abbaye Saint-Martin de Tournai qui mentionne la première fois son existence.
Dès son origine, probablement, une exploitation agricole le jouxtait.
Au cours de son histoire, le domaine seigneurial eut à plusieurs reprises à souffrir du passage des troupes. Le château est notamment brûlé et détruit en 1478. Il était reconstruit en 1561.
En 1690, il est décrit comme étant  « fort beau et grand… avec un agréable jardin ». En 1709, diverses troupes alliées, commandées par John Churchill, Duc de Marlborough, assiègent la ville de Tournai défendue par les Français. Le « Malbrouck » de la chanson établit son quartier-général à Ere et il loge au château.

chateau d'ere

Au 18e siècle, le château et la ferme sont entourés de douves. Ils sont reliés entre eux par un pont. A l’arrière du domaine s’étendent de vastes jardins, parc, potager, verger.
Peu après 1800, suite au décès sans postérité du dernier « de Thiennes », le domaine est vendu. Le château, la ferme et les terres sont rachetés par le fermier, Nicolas-Joseph Delannoy.
Le château, en mauvais état parce que longtemps inhabité, est démoli en 1835. Souvenir nous en est heureusement gardé grâce à une lithographie du Chevalier de la Barrière réalisée en 1823.
A la même époque, d’importants travaux sont réalisés aux granges et annexes de la ferme (avec les matériaux provenant du château ?). Peu après 1900, le colombier seigneurial qui trônait au centre de la cour disparaît également.
En plus de l’exploitation agricole, les propriétaires actuels ont aménagé un gîte rural dans une partie reconstruite des dépendances.
Des vestiges du château, fondations, caves, souterrains, … dorment sans doute encore sous la prairie qui occupe maintenant le site…
4. Le Couvent des Passionistes.
Les premiers Passionistes, venant d’Italie, arrivent en Belgique, à Ere plus précisément, à la mi-juin 1840. Conduits par le Père Dominique Barberi, qui sera béatifié en 1977, ils viennent s’installer dans un petit château du 18 ème siècle appartenant à la Baronne de Cröeser. Un an plus tard, en 1841, la généreuse Mme de Cröeser, qui habite Valenciennes, fait don de la demeure aux Passionistes.
L’aménagement intérieur de cette « maison de campagne » ne correspond pas vraiment à la vie conventuelle des Passionistes ; d’autant plus qu’un noviciat est ouvert dès cette année 1841.
Une chapelle provisoire est aménagée à l’intérieur du château. Toutefois, en octobre 1842, les Passionistes obtiennent la permission de bâtir une église qui sera également publique, c’est-à-dire pouvant être fréquentée par les habitants du village.
La première pierre de l’édifice est posée en avril 1843. M. Bruyenne en est l’architecte. A la demande des religieux, l’église est construite en style classique italien, très simple, très sobre extérieurement, mais pouvant être riche en peintures et marbres à l’intérieur.
Le 18 novembre 1845 a lieu la bénédiction de l’église et des deux cloches. Un petit cimetière, réservé aux Pères décédés, est établi à proximité. L’église est reliée au château par une aile de bâtiment construite en 1847. Elle abritera les cellules et locaux de la communauté. Les grandes salles de l’ancien château sont dès lors réservées à la bibliothèque et comme quartier pour les étrangers de passage.
ere

Le couvent prospérera jusque la Seconde Guerre Mondiale. Avant ce conflit, le noviciat d’Ere accueillait entre trente et quarante étudiants. La vie des Passionistes est à la fois contemplative et orientée vers l’action missionnaire, sous forme de prédications.
Au cours de la guerre, l’intérieur de l’église est entièrement décoré (peintures, fresques, …) par un artiste gantois, M. Hooghe.
Saint-Paul de la Croix, fondateur de l’ordre et dont l’église possède un tableau, était honoré au Couvent d’Ere. Les mamans venaient, parfois de loin, en pèlerinage avec leurs enfants ayant la coqueluche et s’en retournaient avec de l’eau bénite pour combattre la maladie.
Couché sous le maître-autel, on remarque également une statue de Saint-Pie, enfant martyr. Les reliques du petit saint sont à l’intérieur. Elles proviennent des catacombes de Rome et ont été confiées aux Passionistes par le Pape Pie IX.
Le Frère Isidore De Loor, béatifié par le Pape Jean-Paul II en 1984, est entré chez les Passionistes à Ere en 1907. Il y restera un peu plus de trois ans. Le Frère Isidore est toujours vénéré dans la chapelle du Couvent d’Ere, ainsi qu’à Courtrai où se trouve son tombeau.
Après 1945, la raréfaction des vocations religieuses s’accentue. Le nombre de Pères présents au Couvent d’Ere diminue peu à peu. Fin 1977, ils ne sont plus que sept. Le dernier Passioniste, le Frère Gabriel, quittera Ere le 3 décembre 1993.
Les bâtiments sont rachetés par une association s’occupant de personnes handicapées. Une ferme thérapeutique y est maintenant aménagée. La chapelle reste cependant ouverte à la prière.

La ferme de Longuesault.
Située sur les hauteurs, à environ deux kilomètres du centre du village, la ferme de Longuesault, à la haute tour caractéristique, s’aperçoit de loin.
Depuis 900 ans, une importante exploitation agricole occupe ces lieux. C’est en effet en 1103 qu’Odon, premier abbé de Saint-Martin à Tournai, fait construire quatre fermes dont deux au village d’Ere : Longuesault et Wisempierre.
Au cours des siècles, les bâtiments sont plusieurs fois incendiés et détruits par des troupes en armes, notamment en 1302 et 1340.
Après la suppression de l’abbaye Saint-Martin sous la Révolution française, la ferme et les terres sont vendues comme bien national.
Une partie des bâtiments actuels date de 1753. La ferme a cependant été largement reconstruite et amplifiée à la fin du 19 ème siècle pour former l’imposant quadrilatère que l’on peut voir de nos jours.
Le nom de Longuesault signifierait « longue montée » ; première graphie connue : « Longa Salice ».
Par temps clair, la vue y porte à plus de vingt kilomètres tant vers le nord que vers le sud.

3 comments on “Ere
  1. Bonjour,
    Je souhaite entrer en contact avec votre association car je recherche des informations sur un ancien moulin à vent qui se trouvait à Pont à Chin. Ma fille a une gravure de ce moulin XIX signée dans un monogramme rouge JM ou MJ comme on voudra. Nous aimerions connaitre l’auteur de la gravure et l’histoire du moulin. Existe-t-il toujours ?
    D’avance merci pour toutes les informations que vous pourriez nous donner,
    très cordialement,
    Isabelle Guédel

  2. Native de Willemeau , j’ai fréquente l’école des  »Sœurs du st Esprit  » a Ere , petite entité de 4 sœurs bretonnes,et qui restent pour moi le . meilleur souvenir d ‘enfance Cela semble avoir disparu , pourriez vous m’en donner des nouvelles ou une adresse ou je puis toucher la maison mère ?
    D’avance , merci……………… j’ai 87 ans !

    Simonne De Clerck

    • Bonjour Madame,
      Merci tout d’abord pour votre intérêt porté à notre site.
      Je transmets votre demande à nos historiens et je reviens vers vous le plus rapidement possible.
      Jean BODSON

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